L’an dernier, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a rendu son dernier jugement le 29 novembre 2017, mettant ainsi un terme à 23 années d’efforts, le plus souvent couronnés de succès, destinés à contraindre les auteurs de crimes de guerre à rendre des comptes. Ce même mois de novembre, le Tribunal a condamné le chef militaire bosno-serbe Ratko Mladic à la réclusion à perpétuité pour une série d’atteintes au droit international, et notamment pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Au niveau national, à l’exception de la Bosnie-Herzégovine, où de modestes progrès ont été réalisés, l’impunité restait la norme dans les pays concernés, les tribunaux ne disposant toujours que de moyens et de capacités limités et devant faire face à des pressions politiques. Dans toute la région, les procureurs souffraient d’un manque de soutien de la part de l’exécutif et leur travail était compromis par un climat marqué par une rhétorique nationaliste et une absence de volonté politique pour la mise en place d’une coopération régionale sur la durée. À la fin de l’année, les pouvoirs publics n’avaient toujours pas établi ce qu’il était advenu de plus de 11 500 personnes disparues pendant les conflits armés qui ont ensanglanté les Balkans. Les victimes de disparitions forcées et leurs familles continuaient de se heurter à un déni de justice et de vérité, et n’avaient toujours pas obtenu réparation. Dans plusieurs pays, des améliorations symboliques ont été apportées à la législation relative aux réparations dues aux victimes de violences sexuelles commises en temps de guerre.