L’éducation est un facteur de stabilité. Elle offre aux enfants soins, soutien et outils pour résoudre pacifiquement les différends et augmente la productivité. Il a été démontré qu’un enseignement secondaire de qualité favorisait la tolérance, renforçait la croyance dans la démocratie et le civisme et encourageait la résistance au recrutement par les extrémistes violents. Il a même été noté que des niveaux importants de scolarisation dans le secondaire réduisent les probabilités de guerre civile et qu’en période de crise, le fait pour les adolescents déplacés de ne pas recevoir d’éducation peut compromettre les efforts de reconstruction et être un facteur de troubles. Une étude publiée dans un rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en 2014 indique que si les pays où 30 % des jeunes bénéficient d'une éducation secondaire doublaient ce pourcentage, ils réduiraient de moitié les risques de conflit. Pourtant, l'éducation est souvent sacrifiée quand les enfants sont forcés à fuir pour leur sécurité. En Somalie, où toutes les parties au conflit ont kidnappé, recruté ou utilisé des enfants à des fins militaires, un rapport de Human Rights Watch de 2012 montre que la menace de recrutement forcé ou d’enlèvement a conduit les enfants à quitter l'école et le plus souvent à fuir le pays avec leurs familles. Suite à une offensive de 2010, le taux de décrochage scolaire aurait ainsi atteint 50 %. Quand les conflits éclatent, l'impact est parfois plus important sur l’enseignement secondaire que sur l’enseignement primaire. Les écoles secondaires mobilisent en effet des ressources spécifiques, notamment dans le corps enseignant – moyens qui sont d’autant plus difficiles à mobiliser en période de crise. En outre, pour les adolescents qui décrochent parce qu’ils sont forcés de se déplacer, les chances de réintégrer l’école sont faibles.